Pour en savoir plus : http://daredart.blogspot.fr/p/les-freres-van-eyck.html
, par Silvestre Baudrillart
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Les grands chênes, pareils à de sombres amants, Tordent dans l’air leurs bras où pend leur chevelure, Et, debout sous le vent, ont la sinistre allure Des mornes désespoirs et des accablements. Comme un prince très vieux dont la tête vacille Sous le poids des longs jours, le bouleau maigre et (…)
, par Silvestre Baudrillart
Arrière de moi vains mensonges, Veillants et agréables songes, Laissez-moi, que je dorme en paix : Car bien que vous soyez frivoles, C’est de vous qu’on vient aux paroles, Et des paroles aux effets. Voyez au jardin les pensées De trois violets nuancées, Du fond rayonne un beau soleil : (…)
, par Silvestre Baudrillart
Mais quoi ! c’est trop chanté, il faut tourner les yeux Éblouis de rayons dans le chemin des cieux. C’est fait, Dieu vient régner, de toute prophétie Se voit la période à ce point accomplie. La terre ouvre son sein, du ventre des tombeaux Naissent des enterrés les visages nouveaux : Du pré, (…)
, par Silvestre Baudrillart
La courbe de tes yeux fait le tour de mon coeur, Un rond de danse et de douceur, Auréole du temps, berceau nocturne et sûr, Et si je ne sais plus tout ce que j’ai vécu C’est que tes yeux ne m’ont pas toujours vu. Feuilles de jour et mousse de rosée, Roseaux du vent, sourires parfumés, Ailes (…)
, par Silvestre Baudrillart
Donne-moi tes mains pour l’inquiétude Donne-moi tes mains dont j’ai tant rêvé Dont j’ai tant rêvé dans ma solitude Donne-moi tes mains que je sois sauvé Lorsque je les prends à mon propre piège De paume et de peur de hâte et d’émoi Lorsque je les prends comme une eau de neige Qui fuit de (…)
, par Silvestre Baudrillart
Celui qui croyait au ciel Celui qui n’y croyait pas Tous deux adoraient la belle Prisonnière des soldats Lequel montait à l’échelle Et lequel guettait en bas Celui qui croyait au ciel Celui qui n’y croyait pas Qu’importe comment s’appelle Cette clarté sur leur pas Que l’un fut de la (…)
, par Silvestre Baudrillart
J’avais un cheval Dans un champ de ciel Et je m’enfonçais Dans le jour ardent. Rien ne m’arrêtait J’allais sans savoir, C’était un navire Plutôt qu’un cheval, C’était un désir Plutôt qu’un navire, C’était un cheval Comme on n’en voit pas, Tête de coursier, Robe de délire, Un vent (…)
, par Silvestre Baudrillart
Je cherche une goutte de pluie Qui vient de tomber dans la mer. Dans sa rapide verticale Elle luisait plus que les autres Car seule entre les autres gouttes Elle eut la force de comprendre Que, très douce dans l’eau salée, Elle allait se perdre à jamais. Alors je cherche dans la mer Et sur les (…)
, par Silvestre Baudrillart
C’est beau d’avoir élu Domicile vivant Et de loger le temps Dans un coeur continu, Et d’avoir vu ses mains Se poser sur le monde Comme sur une pomme Dans un petit jardin, D’avoir aimé la terre, La lune et le soleil, Comme des familiers Qui n’ont pas leurs pareils, Et d’avoir confié (…)
, par Silvestre Baudrillart
Vois-tu, passant, couler cette onde Et s’écouler incontinent ? Ainsi fuit la gloire du monde, Et rien que Dieu n’est permanent.
Théodore Agrippa d’Aubigné (1552-1630)
, par Silvestre Baudrillart
Ainsi l’amour du Ciel ravit en ces hauts lieux Mon âme sans la mort, et le corps en ce monde Va soupirant çà bas à liberté seconde De soupirs poursuivant l’âme jusques aux Cieux. Vous courtisez le Ciel, faibles et tristes yeux, Quand votre âme n’est plus en cette terre ronde : Dévale, corps (…)
, par Silvestre Baudrillart
Il était de passage, il le savait déjà, Dans le temps qui passait pour tenir ce qui passe, Mais qu’a-t-on jamais pu saisir qui ne passât ? Tout ce qu’il contemplait n’était pas à l’espace, Et pourtant devant lui, tout l’espace était là. Le lit de l’Éternel remplissait l’éphémère, Sans cesse y (…)
, par Silvestre Baudrillart
Va dire à ma chère Ile, là-bas, tout là-bas, Près de cet obscur marais de Foulc, dans la lande, Que je viendrai vers elle ce soir, qu’elle attende, Qu’au lever de la lune elle entendra mon pas. Tu la trouveras baignant ses pieds sous les rouches, Les cheveux dénoués, les yeux clos à demi, Et (…)
, par Silvestre Baudrillart
à Jules Supervielle.
Les bois étaient tout recouverts de brumes basses, Déserts, gonflés de pluie et silencieux ; Longtemps avait soufflé ce vent du Nord où passent Les Enfants Sauvages, fuyant vers d’autres cieux, Par grands voiliers, le soir, et très haut dans l’espace J’avais senti siffler (…)
, par Silvestre Baudrillart
Je sortais de moi lentement, Je fus pris dans un beau vent souple Chaud comme un naseau de jument Et velouté comme sa croupe. Et tous les regards forestiers, Perles de givre dans les branches Ou tapis comme les pervenches Me regardaient qui m’éloignais. Ils m’en voulaient de cette fuite, Car (…)
2011-2026 — Silvestre Baudrillart
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