Silvestre Baudrillart est professeur de français et de latin dans un lycée de la région parisienne. Il nous livre sur son site quelques réflexions personnelles sur la littérature, la conjugaison, l’enseignement, l’éducation...

Derniers articles

  • Le mariage de Roland

    18 décembre 2011, par Silvestre Baudrillart

    Ils se battent — combat terrible ! — corps à corps. Voilà déjà longtemps que leurs chevaux sont morts ; Ils sont là seuls tous deux dans une île du Rhône. Le fleuve à grand bruit roule un flot rapide et jaune (…). Quatre jours sont passés, et l’île et le rivage Tremblent sous ce fracas monstrueux et sauvage. (…) O chocs affreux ! terreur ! tumulte étincelant ! Mais enfin Olivier saisit au corps Roland, Qui de son propre sang en combattant s’abreuve, Et jette d’un revers Durandal dans le fleuve. (…) Ils (...)

  • Lorsque l’enfant paraît

    18 décembre 2011, par Silvestre Baudrillart

    Lorsque l’enfant paraît, le cercle de famille Applaudit à grands cris. Son doux regard qui brille Fait briller tous les yeux, Et les plus tristes fronts, les plus souillés peut-être, Se dérident soudain à voir l’enfant paraître, Innocent et joyeux. Enfant, vous êtes l’aube et mon âme est la plaine Qui des plus douces fleurs embaume son haleine Quand vous la respirez ; Mon âme est la forêt dont les sombres ramures S’emplissent pour vous seul de suaves murmures Et de rayons dorés ! Seigneur ! préservez-moi, (...)

  • L’expiation

    18 décembre 2011, par Silvestre Baudrillart

    Il neigeait. On était vaincu par sa conquête. Pour la première fois l’aigle baissait la tête. Sombres jours ! l’empereur revenait lentement, Laissant derrière lui brûler Moscou fumant. Il neigeait. L’âpre hiver fondait en avalanche. Après la plaine blanche une autre plaine blanche. On ne connaissait plus les chefs ni le drapeau. Hier la grande armée, et maintenant troupeau. On ne distinguait plus les ailes ni le centre. Il neigeait. Les blessés s’abritaient dans le ventre Des chevaux morts ; au seuil (...)

  • Jeanne était au pain sec...

    18 décembre 2011, par Silvestre Baudrillart

    Jeanne était au pain sec dans le cabinet noir, Pour un crime quelconque, et, manquant au devoir, J’allai voir la proscrite en pleine forfaiture, Et lui glissai dans l’ombre un pot de confiture Contraire aux lois. Tous ceux sur qui, dans ma cité, Repose le salut de la société, S’indignèrent, et Jeanne a dit d’une voix douce : - Je ne toucherai plus mon nez avec mon pouce ; Je ne me ferai plus griffer par le minet. Mais on s’est récrié : - Cette enfant vous connaît ; Elle sait à quel point vous êtes (...)

  • Hermina

    18 décembre 2011, par Silvestre Baudrillart

    J’atteignais l’âge austère où l’on est fort en thème, Où l’on cherche, enivré d’on ne sait quel parfum, Afin de pouvoir dire éperdument Je t’aime ! Quelqu’un. J’entrais dans ma treizième année. Ô feuilles vertes ! Jardins ! croissance obscure et douce du printemps ! Et j’aimais Hermina, dans l’ombre. Elle avait, certes, Huit ans. Parfois, bien qu’elle fût à jouer occupée, J’allais, muet, m’asseoir près d’elle, avec ferveur, Et je la regardais regarder sa poupée, Rêveur. Il est une heure étrange où l’on sent l’âme (...)

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