Silvestre Baudrillart est professeur de français et de latin dans un lycée de la région parisienne. Il nous livre sur son site quelques réflexions personnelles sur la littérature, la conjugaison, l’enseignement, l’éducation...

Derniers articles

  • Si tu veux être un homme…

    23 décembre 2011, par Silvestre Baudrillart

    Si tu peux voir détruit l’ouvrage de ta vie Et sans dire un seul mot te mettre à rebâtir Ou, perdre d’un seul coup le gain de cent parties Sans un geste et sans un soupir ; Si tu peux être amant sans être fou d’amour : Si tu peux, être fort sans cesser d ’ être tendre Et te sentant haï, sans haïr à ton tour, Pourtant lutter et te défendre ; Si tu peux supporter d’entendre tes paroles Travesties par des gueux pour exciter des sots, Et d’entendre mentir sur toi leurs bouches folles Sans mentir toi-même d’un (...)

  • Tristesse d’Olympio

    18 décembre 2011, par Silvestre Baudrillart

    N’existons-nous donc plus ? Avons-nous eu notre heure ? Rien ne la rendra-t-il à nos cris superflus ? L’air joue avec la branche au moment où je pleure ; Ma maison me regarde et ne me connaît plus. D’autres vont maintenant passer où nous passâmes. Nous y sommes venus, d’autres vont y venir ; Et le songe qu’avaient ébauché nos deux âmes, Ils le continueront sans pouvoir le finir ! Car personne ici-bas ne termine et n’achève ; Les pires des humains sont comme les meilleurs ; Nous nous réveillons tous au (...)

  • Sur une barricade

    18 décembre 2011, par Silvestre Baudrillart

    Sur une barricade, au milieu des pavés Souillés d’un sang coupable et d’un sang pur lavés, Un enfant de douze ans est pris avec des hommes. - Es-tu de ceux-là, toi ? - L’enfant dit : Nous en sommes. - C’est bon, dit l’officier, on va te fusiller. Attends ton tour. - L’enfant voit des éclairs briller, Et tous ses compagnons tomber sous la muraille. Il dit à l’officier : Permettez-vous que j’aille Rapporter cette montre à ma mère chez nous ? - Tu veux t’enfuir ? - Je vais revenir. - Ces voyous Ont peur ! (...)

  • Stella

    18 décembre 2011, par Silvestre Baudrillart

    Je m’étais endormi la nuit près de la grève. Un vent frais m’éveilla, je sortis de mon rêve, J’ouvris les yeux, je vis l’étoile du matin. Elle resplendissait au fond du ciel lointain Dans une blancheur molle, infinie et charmante. Aquilon s’enfuyait emportant la tourmente. L’astre éclatant changeait la nuée en duvet. C’était une clarté qui pensait, qui vivait ; Elle apaisait l’écueil où la vague déferle ; On croyait voir une âme à travers une perle. Il faisait nuit encor, l’ombre régnait en vain, Le ciel (...)

  • Souvenir de la nuit du 4

    18 décembre 2011, par Silvestre Baudrillart

    L’enfant avait reçu deux balles dans la tête. Le logis était propre, humble, paisible, honnête ; On voyait un rameau bénit sur un portrait. Une vieille grand-mère était là qui pleurait. Nous le déshabillions en silence. Sa bouche, Pâle, s’ouvrait ; la mort noyait son oeil farouche ; Ses bras pendants semblaient demander des appuis. Il avait dans sa poche une toupie en buis. On pouvait mettre un doigt dans les trous de ses plaies. Avez-vous vu saigner la mûre dans les haies ? Son crâne était ouvert (...)

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