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Soleil couchant

dimanche 18 décembre 2011, par Silvestre Baudrillart

  • Les ajoncs éclatants, parure du granit,
  • Dorent l’âpre sommet que le couchant allume ;
  • Au loin, brillante encor par sa barre d’écume,
  • La mer sans fin commence où la terre finit.
  • A mes pieds c’est la nuit, le silence. Le nid
  • Se tait, l’homme est rentré sous le chaume qui fume.
  • Seul, l’Angélus du soir, ébranlé dans la brume,
  • A la vaste rumeur de l’Océan s’unit.
  • Alors, comme du fond d’un abîme, des traînes,
  • Des landes, des ravins, montent des voix lointaines
  • De pâtres attardés ramenant le bétail.
  • L’horizon tout entier s’enveloppe dans l’ombre,
  • Et le soleil mourant, sur un ciel riche et sombre,
  • Ferme les branches d’or de son rouge éventail.
  • José-Maria de HEREDIA (1842-1905)
  • Les Trophées