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Les notes en confinement

lundi 13 avril 2020, par Silvestre Baudrillart

Ces quelques idées (du 13 avril 2020) se veulent une contribution pratique à la réflexion sur les notes en confinement. Faut-il les maintenir, quelle est leur valeur, comment les rendre opérationnelles ?
1/ Anxiogènes ou rassurantes ?

Il est fréquent d’entendre parler des notes comme anxiogènes. Il y a une angoisse qui se rattache aux notes, elle est liée au passage en classe supérieure, et je pense qu’elle contribue à rendre la note utile. La note est avant tout une information sur le travail et sur le niveau. Si les notes sont nombreuses, s’il y a un vrai contrôle continu, le caractère négatif de cette angoisse va forcément diminuer. Ce sera un stress positif et constructif.
2/ Les élèves à la maison peuvent être aidés

C’est vrai, mais il faut considérer que les parents sont soit en télétravail, soit en train de s’occuper d’une nombreuse famille, n’ayant pas la possibilité de dicter de façon continue les réponses à tel ou tel de leurs enfants. En-dehors du confinement, de nombreux travaux se font à la maison : exercices, mais aussi rédactions, traductions, exposés… Et pourtant, tous ces devoirs sont habituellement notés, et parfois avec un coefficient important.
3/ L’élève peut-il progresser en confinement ?

Certains élèves peuvent réellement tirer profit du confinement : ceux qui sont lents, par exemple, peuvent travailler à leur rythme, se faire expliquer des choses par leurs parents ou leurs frères et sœurs ; n’ayant pas de devoirs en temps limité, et moins de sources de distractions, ils peuvent brillamment tirer leur épingle du jeu à la rentrée prochaine.
4/ Doit-on pénaliser les retards ?

Un devoir rendu en retard peut être pénalisé d’un ou plusieurs points, car cela nuit à l’organisation du professeur et cela lui perd parfois beaucoup de temps. S’il s’agit d’un devoir corrigé aléatoirement, la perte de points peut être très importante. On peut également juger inutile de pénaliser… en fonction des situations !
5/ Que penser d’un QCM fait à la maison ?

En réalité, les moyennes de QCM sont plus faibles en confinement qu’en période normale, pour des interrogations faites en classe. A quoi cela tient-il ? Les parents veillent à ce que les QCM soient faits dans des conditions d’examen, tout simplement. Et il est plus facile de surveiller un seul enfant que toute une classe.
6/ Si l’élève affirme avoir envoyé le travail pour lequel il a eu zéro…

Le zéro signifie toujours « travail non rendu », puisqu’il est convenu de mettre une note « décente » (à l’appréciation du professeur) aux travaux rendus. Si l’élève affirme l’avoir rendu, on peut lui demander de le renvoyer, et le corriger, avec ou sans pénalité ; s’il demande à le rendre en retard, une pénalité s’impose.
7/ Le zéro est-il la seule note possible à un travail non rendu ?

Il y a quatre possibilités : 0, dispensé, absent, ou un blanc. Le 0 est un rappel pressant pour un devoir obligatoire ; le blanc indique que l’on n’attache pas d’importance à ce travail, mais l’élève n’en est pas averti ; l’absence est un petit avertissement, destiné à inquiéter ; la dispense permet au professeur de se souvenir qu’il y a une bonne raison (un mot des parents) pour laquelle il n’a pas mis de zéro à ce devoir non rendu.
8/ Les notes seront-elles déterminantes pour le passage en classe supérieure ?

Il faut bien que quelque chose soit déterminant ! Si les deux premiers trimestres sont faibles, mais en progression, et le troisième nettement meilleur, l’élève passera ; si en revanche il a fait un début d’année faible, avec la mention « 3e trimestre déterminant », et qu’il s’est laissé aller au fil du confinement, un redoublement peut s’imposer, à l’appréciation du Conseil de classe.
9/ Maintenir toujours la communication avec les parents

Les notes sont d’abord un moyen de signaler aux parents que quelque chose ne va pas (ou que tout va bien). En fonction de ce que diront les parents, on peut transformer un zéro en « dispensé », ou corriger un travail rendu avec retard. Il convient de toujours les lire, leur répondre, pour éviter qu’un malentendu ne s’installe. Une famille qui ne répond pas a peut-être un problème sérieux : maladie, deuil ou difficulté de connexion ou d’organisation. Certains parents sont des soignants…

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