Silvestre Baudrillart est professeur de français et de latin dans un lycée de la région parisienne. Il nous livre sur son site quelques réflexions personnelles sur la littérature, la conjugaison, l’enseignement, l’éducation...

Derniers articles

  • Les Arbres

    24 avril 2014, par Silvestre Baudrillart

    Les grands chênes, pareils à de sombres amants, Tordent dans l’air leurs bras où pend leur chevelure, Et, debout sous le vent, ont la sinistre allure Des mornes désespoirs et des accablements. Comme un prince très vieux dont la tête vacille Sous le poids des longs jours, le bouleau maigre et blanc, Haut et d’argent vêtu, se dresse somnolent Dans une majesté vaguement imbécile. Les peupliers ardus ont l’air d’âpres chercheurs Que sèche la pensée et qu’alanguit le rêve, Qui, vers l’azur tendus, y (...)

  • Réveil

    24 avril 2014, par Silvestre Baudrillart

    Arrière de moi vains mensonges, Veillants et agréables songes, Laissez-moi, que je dorme en paix : Car bien que vous soyez frivoles, C’est de vous qu’on vient aux paroles, Et des paroles aux effets. Voyez au jardin les pensées De trois violets nuancées, Du fond rayonne un beau soleil : Voilà bien des miennes l’image, Sans odeur, sans fruit, sans usage, Et ne plaisent qu’un jour à l’oeil ; Ce n’est qu’Amour en l’apparence, Ce n’est qu’une verte espérance, Que rayons et vives clartés : Mais cette espérance (...)

  • Mais quoi ! c’est trop chanté...

    24 avril 2014, par Silvestre Baudrillart

    Mais quoi ! c’est trop chanté, il faut tourner les yeux Éblouis de rayons dans le chemin des cieux. C’est fait, Dieu vient régner, de toute prophétie Se voit la période à ce point accomplie. La terre ouvre son sein, du ventre des tombeaux Naissent des enterrés les visages nouveaux : Du pré, du bois, du champ, presque de toutes places Sortent les corps nouveaux et les nouvelles faces. Ici les fondements des châteaux rehaussés Par les ressuscitants promptement sont percés ; Ici un arbre sent des (...)

  • La courbe de tes yeux

    24 avril 2014, par Silvestre Baudrillart

    La courbe de tes yeux fait le tour de mon coeur, Un rond de danse et de douceur, Auréole du temps, berceau nocturne et sûr, Et si je ne sais plus tout ce que j’ai vécu C’est que tes yeux ne m’ont pas toujours vu. Feuilles de jour et mousse de rosée, Roseaux du vent, sourires parfumés, Ailes couvrant le monde de lumière, Bateaux chargés du ciel et de la mer, Chasseurs des bruits et sources des couleurs. Parfums éclos d’une couvée d’aurores Qui gît toujours sur la paille des astres, Comme le jour dépend (...)

  • Les mains d’Elsa

    24 avril 2014, par Silvestre Baudrillart

    Donne-moi tes mains pour l’inquiétude Donne-moi tes mains dont j’ai tant rêvé Dont j’ai tant rêvé dans ma solitude Donne-moi tes mains que je sois sauvé Lorsque je les prends à mon propre piège De paume et de peur de hâte et d’émoi Lorsque je les prends comme une eau de neige Qui fuit de partout dans mes mains à moi Sauras-tu jamais ce qui me traverse Qui me bouleverse et qui m’envahit Sauras-tu jamais ce qui me transperce Ce que j’ai trahi quand j’ai tressailli Ce que dit ainsi le profond langage Ce (...)

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