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L’obélisque de Luxor

mercredi 16 novembre 2011, par Silvestre Baudrillart

  • Je veille, unique sentinelle
  • De ce grand palais dévasté,
  • Dans la solitude éternelle,
  • En face de l’immensité.
  • A l’horizon que rien ne borne,
  • Stérile, muet, infini,
  • Le désert sous le soleil morne,
  • Déroule son linceul jauni. (…)
  • Que je voudrais comme mon frère,
  • Dans ce grand Paris transporté,
  • Auprès de lui, pour me distraire,
  • Sur une place être planté !
  • Là-bas, il voit à ses sculptures
  • S’arrêter un peuple vivant,
  • Hiératiques écritures,
  • Que l’idée épelle en rêvant.
  • Les fontaines juxtaposées
  • Sur la poudre de son granit
  • Jettent leurs brumes irisées ;
  • Il est vermeil, il rajeunit !
  • Des veines roses de Syène
  • Comme moi cependant il sort,
  • Mais je reste à ma place ancienne,
  • Il est vivant et je suis mort !
  • Théophile GAUTIER (1811-1872)
  • Emaux et camées

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