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Autorité et confiance

lundi 24 octobre 2011, par Silvestre Baudrillart

A PROPOS DE L’AUTORITÉ

L’autorité est une nécessité en éducation : le jeune en a besoin pour se construire. Une autorité extérieure redresse les défaillances de la volonté. Sa source n’est pas le charisme personnel, mais la nécessité de la fonction, qui découle elle-même de la compétence acquise. Elle doit pourtant être conquise, car elle ne relève pas du pouvoir coercitif.

LES COMPOSANTES DE L’AUTORITÉ

L’autorité fait intervenir trois composantes : le chef qui la pratique, les jeunes qui l’acceptent, et une compétence qui est l’alliance d’une bonne formation et d’un bon jugement, ainsi que d’autres qualités de gouvernement. Contrat tacite : « Nous t’obéissons, bien sûr parce que tu es le chef ; mais aussi parce que tu possèdes les qualités pour être un bon chef. »

L’EXEMPLE

L’exemple du chef est le premier enseignement. La vie de groupe implique une très grande proximité du jeune et du chef (sa voix, son regard, son attitude) ; la psychologie de l’enfant et de l’adolescent renforce cette sensibilité à l’exemple. L’exemple, bon ou mauvais, attire, entraîne avec une force irrésistible. Ce sont les actes du chef, plus que ses dires, qui servent de référence. Saint Josémaria distinguait deux types de bergers : les vrais responsables, qui vont en avant, dégageant le chemin et entraînant leurs brebis, et les mercenaires qui suivent le troupeau, excitant les chiens à mordre les brebis déviantes.

LA COMPÉTENCE

La compétence est la vraie source de l’autorité à long terme. Elle est l’alliance d’une bonne formation dans les connaissances et les techniques que l’on enseigne, ainsi que dans celles de la pédagogie, y compris la correction du langage.

LA PRUDENCE

La prudence est la vertu qui associe les moyens à la fin que l’on se propose. Vertu par excellence du chef, elle consiste à bien réfléchir sur les moyens à mettre en œuvre, en envisageant tous les aspects.

L’AUTORITÉ ET LA LOI

Le juge n’est pas la loi, il la fait appliquer. De même, le responsable de groupe aura d’autant plus d’autorité qu’il s’efforcera de faire appliquer les règles qui s’imposent à tous. Principe de triangulation : le chef et le jeune acceptent communément une même loi. Le chef est chargé de la faire respecter.

LE PREMIER CONTACT

Le premier contact est capital. C’est le moment où l’on expose clairement les règles de fonctionnement :
— La tenue dans les activités
— Le respect du règlement
— La ponctualité
— Une attitude de respect des autres et du chef. Dans ce premier contact, la simple autorité est nécessaire : montrer qui commande, pour en imposer rapidement et obtenir de bonnes réactions d’écoute. Pour cela, il n’est pas utile de crier : le regard net et posé, la voix claire, un grand calme.

ATTITUDE PENDANT L’ANNÉE

Il existe des attitudes qui imposeront et maintiendront l’autorité tout au long de l’année.
- Etre toujours correctement habillé
- S’exprimer dans un langage soigné et mesuré
- Tenir parole (ce que j’ai annoncé, je le fais)
- Ne jamais improviser une activité (ou montrer que l’on sait improviser avec brio)
- Ne pas s’énerver, ne pas crier, ne pas se défouler
- Utiliser le regard et les paroles plutôt que les gestes (Ulysse n’avait besoin que d’un froncement de sourcils pour se faire obéir de ses marins)
- Rester souriant : punir avec calme… si possible !
- Ne jamais critiquer un autre responsable
- Justice : traiter tous les jeunes identiquement, avec équité (sans connotation affective, ni mépris)
- Immense respect du jeune : on considère en lui l’être humain rationnel ; et si l’on est croyant, l’enfant de Dieu.

LES QUALITÉS DU CHEF

- Le chef doit garder une attitude ouverte et confiante vis-à-vis de ses jeunes, de façon qu’il sache en percevoir les réactions.
- Disponibilité : à tout moment, on doit pouvoir venir le voir, pour lui confier ses soucis ou lui poser des questions.
- Écoute : pour connaître la façon de penser des jeunes, il doit ménager un temps d’entretien avec chacun pendant les activités. Il pourra ainsi leur donner des indications et leur fixer des objectifs personnels.
- Confiance : les jeunes doivent sentir qu’il leur fait confiance, aussi bien pour de petites missions que pour ce qu’ils lui diront.
- Pardon : si un jeune fait une bêtise, il doit comprendre qu’il s’agit là de quelque chose de mal ; une fois qu’il l’a reconnu et qu’il a réparé sa faute, il doit retrouver sa place au sein du groupe : la dette est payée.
- Savoir dire non : poser dès le début les limites, qui aideront les jeunes à grandir. • Être positif : proposer des objectifs entraînants, une fois annoncées les règles de fonctionnement.