Accueil du site > 3. Education > 31. Vertus > L’éducation aux vertus, par James Stenson

L’éducation aux vertus, par James Stenson

mercredi 2 juillet 2014

Je viens aujourd’hui vous parler en qualité de professeur et administrateur d’école, avec 20 ans d’expérience dans des services professionnels rendus à des centaines de familles.

Pendant des années, j’ai eu le bonheur de pouvoir travailler dans deux excellents établissements scolaires, The Heights de Washington et l’école préparatoire Northridge dans la banlieue de Chicago. Comme ces écoles étaient de petite taille et se consacraient à la formation du caractère personnel des jeunes, j’ai été amené à connaître de façon assez intime plusieurs familles remarquables. Pour avoir été honoré de l’amitié de plusieurs heureux parents, j’ai pu bien connaître le fonctionnement intime de ces familles, avec leurs forces et leurs faiblesses, leurs combats et leurs succès et la grande variété de leurs approches éducatives.

Au cours de cette discussion je voudrais partager avec vous ce que j’ai appris grâce à mon expérience professionnelle. J’espère assurément que mes observations et les convictions vous aideront à élaborer des conceptions et des approches pratiques pour la formation de vos propres enfants et pour l’aide que vous pourrez apporter à d’autres jeunes parents. Aucune tâche dans la société actuelle n’est plus importante que celle-ci. Les enfants qui grandissent en ce moment s’acheminent vers les formidables défis de ces premières décennies du XXIème siècle. Aussi faut-il leur apprendre à être forts. Pour cela il leur faut avoir du caractère et avoir reçu une éducation religieuse, afin d’être à la fois débrouillards et pieux. Ils doivent être éduqués à la responsabilité, la force morale, la compassion et le courage. Ils doivent devenir des hommes et des femmes vigoureux sur le plan humain, sérieux dans leurs objectifs et animés d’une confiance en soi qui apporte de l’humour à leur vie et de la lumière à ceux qu’ils aiment. Ce sont eux les combattants dont l’Eglise et la société auront besoin dans ce nouveau siècle afin de « renouveler la face de la terre ».

Enfin ceux d’entre nous qui ont entrepris d’aider les jeunes ménages ne sauraient oublier qu’ils ont toujours besoin d’être encouragés. Comme l’a dit le pape Jean Paul II, toute responsabilité est un appel à se surpasser. Toute vocation implique comme enjeu que l’on s’engage dans un amour grand et passionné. L’amour peut tout surmonter. Selon l’expression du grand psychologue Viktor Frankl, « si l’on connaît le "pourquoi" de notre vie, on peut trouver le "comment" de notre vie ».

Il faut apprendre aux jeunes parents que l’amour – tout amour – demande plus que de bons sentiments. L’amour vrai implique la volonté et la capacité d’endurer des difficultés et des adversités ainsi que l’esprit de sacrifice dans le combat pour le bien-être et le bonheur de son prochain. Aimer c’est se sacrifier. Une existence vécue dans cet esprit de plein don de soi en faveur des autres constitue le plus noble accomplissement de l’humanité et un chemin vers le vrai bonheur.

Le caractère

Quand on parle de l’éducation des enfants, l’affaire principale dans la vie familiale, on a besoin de dire quelque chose au sujet du caractère.

Dire que les parents doivent bien élever leurs enfants revient à dire qu’il leur faut former leur caractère. Il faut que ceux-ci acquièrent ce que les anciens appelaient les vertus. On parlerait maintenant des atouts ou des "forces" du caractère. On les identifie quand on les observe chez les autres. Ce sont des forces habituelles de l’esprit, profondément enracinées, qui vont diriger le cours d’une vie noblement vécue.

Avec le temps, j’ai trouvé que le meilleur schéma pour expliquer aux parents en quoi consiste leur tâche éducative est le suivant. J’ai dit aux jeunes ménages que tout leur combat dans la vie familiale revient à façonner dans leurs enfants les sept vertus chrétiennes. Vivre dans la société actuelle fait obstacle à une telle formation du caractère et nous en reparlerons. Mais d’abord il nous faut considérer en quoi consistent ces sept vertus.

1) Il y a d’abord la Foi.

C’est croire en Dieu et en tout ce qu’Il a révélé sur lui-même et sur l’homme. Cela implique une connaissance approfondie de qui nous sommes (des enfants de Dieu qu’Il aime) et quelle est notre destination finale (servir Dieu en servant nos frères, en commençant par notre famille et nos amis). De façon concrète, la foi consiste à considérer tous les aspects de notre vie avec le regard de Dieu, à être toujours conscients que nous vivons en sa présence. C’est avoir le sens des priorités dans la vie, en considérant que notre fidélité à la volonté de Dieu viendra en premier, avant toute autre chose, quelle qu’elle soit.

2) La seconde vertu est l’Espérance.

C’est l’assurance que Dieu nous donnera les moyens d’assurer notre salut et qu’Il veille sur nos affaires avec sa Providence amoureuse. C’est être confiant en un Dieu qui sait tout, qui est tout-amour et toute-puissance protectrice. Pour qui possède la force surnaturelle de l’espérance, aucune difficulté, aucun échec, aucune catastrophe ne l’accablera totalement, car pour u fils ou une fille de Dieu, tout contribue au bien. Le symbole chrétien de l’espérance est une ancre, instrument qui nous maintient en sécurité au milieu des tempêtes de la vie.

3) La troisième vertu est la Charité.

C’est l’amour de Dieu qui nous fait l’aimer sincèrement comme un Père et comme un Ami qui pardonne toujours. C’est une question de priorité et d’intimité. L’amour de Dieu vient en premier, de façon absolue, avant même notre propre vie, comme l’ont montré les martyrs chrétiens qui ont renoncé à tout bien plutôt que d’offenser Dieu, leur amour premier. Cet amour de Dieu est approfondi, enraciné dans l’esprit et le cœur grâce à la prière et au sacrifice. Concrètement cela signifie d’éviter absolument tout ce qui conduirait au péché qui est rupture de l’amitié avec Dieu. Les grands choix moraux dans la vie se ramènent au choix fondamental entre soi-même et Dieu et parfois entre soi-même et les autres pour l’amour de Dieu. Vos enfants grandiront moins en ce qu’ils seront en mesure de s’occuper d’eux-mêmes qu’en ce qu’ils seront capables de s’occuper des autres et de le vouloir.

4) La quatrième vertu, la Prudence.

On appellerait cela maintenant le "bon jugement". Cela veut dire beaucoup de choses. C’est la capacité acquise de porter un jugement correct sur les gens, les évènements, les problèmes, les idées. C’est la capacité d’évaluer les affaires humaines en termes de causes et d’effets. Au sens large, c’est une volonté de vérité, une capacité à reconnaître une propagande et des mensonges. Considérée sous un autre angle, c’est le pouvoir de discerner, la capacité de faire les grandes distinctions dans la vie entre le vrai et le faux, le bon et le mauvais, les héros et les stars, la réalité et la télévision, l’amour et l’érotisme, l’important et le sordide. C’est là qu’on trouve une conscience bien formée : la conscience n’est pas un paquet de sentiments intuitifs et informes ; c’est un cadre intellectuel qui permet de distinguer le vrai du faux. Et cela, comme toute réalisation intellectuelle, exige une réflexion sur le long terme.

5) La cinquième vertu est la Justice.

On parlerait maintenant de "responsabilité". Elle consiste à donner à chacun – et tout d’abord à Dieu – ce qui lui est dû en droit. Le mot "devoir" montre bien qu’il y a un dû. Tout le monde est d’accord pour reconnaître que les droits des autres nous créent des obligations. Ce sens de l’équité est quelque chose qui se développe très vite et fort chez les jeunes. Combinée avec un jugement droit et surtout une conscience droite, cette vertu permet de comprendre habituellement l’interaction entre les droits et les devoirs – entre l’autorité et la responsabilité – dans nos relations avec la famille et la société et surtout, dans nos relations avec Dieu. Elle implique le respect pour la dignité, la liberté et les sentiments d’autrui. Elle conduit aussi à exercer la force et le contrôle de soi dans la mise en œuvre de nos devoirs au nom du bonheur et du bien-être des autres, ce qui est, nous l’avons dit, la pierre de touche de l’amour vrai. Dans une vie vraiment adulte (ce que précisément nous nous efforçons d’enseigner à nos enfants), cette responsabilité signifie réellement aimer avec un esprit de sacrifice.

6) Sixième vertu : la Force.

Maintenant cette puissance du caractère revêt d’autres noms : courage, persévérance, autodiscipline, "cran". C’est la capacité de supporter ou de surmonter la douleur, l’inconfort, la déception, les revers, l’ennui, en vue d’un bien supérieur – comme par exemple, nos devoirs à l’égard de Dieu et des autres, à commencer par notre famille. On peut dire aussi, plus simplement, que c’est la capacité habituelle à résoudre des problèmes, ou s’en accommoder, de surmonter ses craintes et d’ignorer ses sentiments égocentriques. Le courage, bien sûr, est parfaitement compatible avec l’appréhension ; une personne courageuse fait ce qui est bien en dépit de ses propres craintes. Tous les enfants doivent apprendre cela, notamment par l’exemple et la pratique.

7) Finalement, la septième vertu : la tempérance.

C’est ce que la société actuelle appelle le "self-control", l’autodiscipline, la maîtrise de soi. En étroite relation avec l’autodiscipline, elle permet de dominer ses passions, ses appétits, ses états d’âme au profit d’un bien supérieur. C’est une maîtrise de nos tendances inférieures, y compris la tentation omniprésente de la paresse. C’est aussi la capacité de jouir avec modération des justes agréments de la vie. Autrement dit, c’est "dominer de haut" sa vie, contrôler les événements, aborder la vie avec l’assurance d’un "entrepreneur indépendant". C’est clairement une qualité indispensable chez un leader, un des traits de caractère que nous admirons le plus chez les autres. Si l’on dit de quelqu’un qu’il a de la "classe", c’est semble-t-il à cause de sa capacité habituelle à se maîtriser, se fixer des limites. La tempérance est, avec la charité, à la base de la courtoisie et des bonnes manières. Voilà donc les sept grands types de forces qu’il est bon pour les parents de façonner chez leurs enfants, année après année. Comment y parvenir ? L’expérience montre que les vertus prennent forme chez les enfants de trois façons.

D’abord par l’exemple : ce dont les enfants sont témoins dans la vie de leurs parents et d’autres adultes qu’ils admirent, car nous avons tendance à imiter, même inconsciemment les personnes que nous admirons.

Ensuite, il y a la pratique régulière : ce que l’on fait faire aux enfants, encore et encore, par entrainement ou par obligation, jusqu’au moment où ils savent ce qui leur est bon de faire pour l’avoir fait mainte et mainte fois. Enfin il y a la parole : tout ce que les enfants entendent de la bouche de leurs parents et des autres, et surtout sous la forme d’explications et de raisonnements fondés relatifs à ce qu’ils voient faire et sont amenés à faire. Ces trois approches sont nécessaires. Les leçons, les discours, les réprimandes, les punitions sont sans effet durable s’ils ne s’appuient pas sur l’exemple des parents et sur l’accomplissement régulier par les enfants de ce qui est bon et juste.

Voilà la grande tâche des parents d’aujourd’hui : enseigner à leurs enfants ces habitudes de pensée, de volonté, de cœur, et de le faire jour après jour en se donnant du mal et en se sacrifiant pour donner à leurs enfants l’exemple d’une vie bien vécue. Des enfants qui respectent profondément leurs parents les imiteront. Mais n’oubliez pas que tout respect est inspiré par le sentiment d’une force ressentie : c’est notre propre combat pour grandir dans la foi, l’espérance, la charité, le discernement, la responsabilité, le courage et la maîtrise de soi, qui va orienter nos enfants vers la grandeur. Et n’oubliez pas que, leur vie durant, la voix de leur conscience aura votre voix à vous, leurs parents.

Les qualités des parents qui réussissent

Au cours des années j’ai vu à l’œuvre beaucoup de parents qui ont réussi et ils m’ont beaucoup appris sur la façon d’élever les enfants dans le contexte des défis actuels, afin qu’ils puissent malgré tout devenir de vraies grandes personnes. J’aimerais partager avec vous ce que j’ai observé chez ces parents et dans leur approche de la vie de famille. Je voudrais vous inciter à réfléchir profondément sur ces sujets et de les transmettre à vos amis.

Laissez-moi tout d’abord vous dire quelque chose de rassurant au sujet de ces parents et de leur mode de vie familial. Dans tout ce que j’ai vu, il n’y a rien qui ressemble à un trait de personnalité spécifique à ces heureux parents. Il y en a de toutes sortes et tempéraments. Certains sont pleins d’assurance et charismatiques ; d’autres sont tranquilles, détendus et faciles à vivre. Certains semblent savoir de façon immédiate et intuitive ce qu’il faut faire dans une situation difficile ; d’autres se font sans cesse du souci et des tracas. Certains sont stricts, d’autres détendus, voire coulants. Et pourtant tous, d’une façon ou d’une autre, ont réussi avec leurs enfants. En quelque deux décennies leurs enfants sont devenus des hommes et des femmes compétents, responsables, prévenants et généreux, s’étant engagés à vivre selon les principes chrétiens. C’est la seule réussite qui compte vraiment.

Il n’y a pas non plus de formule simpliste ni de scénario idéal pour traiter telle situation donnée. Cela n’a rien de surprenant, après tout, car il n’y a pas deux familles identiques, et même dans chaque famille, les enfants peuvent avoir des tempéraments complètement différents.

Cependant, malgré l’absence de formule gagnante, on voit revenir sans cesse dans ces familles, pourtant si variées, certaines valeurs, certaines approches, que je voudrais vous exposer, telles que je les ai constatées chez les parents qui ont réussi. Ces traits communs, permettez-moi de vous les présenter sous forme de conseils, comme je l’ai fait auprès de jeunes parents qui me demandaient que faire pour élever leurs enfants.

1) Ayez en tête que ce sont des adultes, non des enfants que vous élevez.

Ne commettez pas les erreurs de nombreux parents d’aujourd’hui : (a) la discipline est d’abord une affaire de punitions et (b) son objectif est d’obtenir un comportement docile, ce qui revient à "domestiquer" l’enfant au nom de la paix et de la tranquillité à la maison. La discipline est en fait un processus qui conduit l’enfant – par l’exemple, la mise en œuvre et la parole (dans cet ordre) – à devenir compétent, responsable, prévenant en hommes et femmes qui vivent selon les principes chrétiens. Ayez toujours sous les yeux quel genre d’adulte vous voulez que vos enfants deviennent.

A la fin de l’adolescence, ils devraient avoir acquis une longue pratique des sept grandes vertus : foi, espérance, charité, discernement, responsabilité, courage persévérant et contrôle de soi. Les tactiques disciplinaires – règles, règlements, punitions, etc. – sont bien moins importants que cette ferme vision stratégique. Ce que des jeunes parents efficaces ont en commun, c’est leur idéal : que leurs enfants soient des adultes responsables. Quand ces parents s’efforcent de former le caractère de leurs enfants, ils se rendent compte qu’ils peuvent se permettre quelques erreurs de-ci de-là. En un sens, les erreurs n’ont pas vraiment d’importance pour des parents qui voient la vie de famille comme une aventure sportive.

2) Travaillez en équipe : priorité à votre conjoint

Mettre le bien-être et le bonheur de votre époux au premier rang contribue plus que toute autre chose à mettre vos enfants sur le bon chemin qui conduit à une vie d’adulte responsable. Gardez à l’esprit que la façon dont les enfants honorent chaque parent est le reflet de l’attitude de l’autre parent. Quand un mari honore sa femme, les enfants honoreront leur mère. Quand une femme a de l’estime pour son mari, les enfants en viendront naturellement à le considérer comme un héros. Toute différence d’opinion (par exemple en matière de punitions) doit être impérativement résolue pour le bien de l’enfant. Chaque enfant n’a qu’un esprit et une conscience et doit par conséquent recevoir des parents une seule et unique orientation. Les enfants bien élevés considèrent chacun des deux parents comme "le chef". Un conseil pratique : quand un de vos enfants s’adresse à vous pour vous demander quelque chose d’assez important, dites-lui que vous remettez votre décision jusqu’à ce que vous en ayez parlé avec votre conjoint. Ce n’est qu’après en avoir parlé tous les deux qu’une décision sera prise et toujours par consensus. D’une façon générale, d’ailleurs, il est bon que les enfants aient à patienter pour obtenir quelque chose. Et cette façon de faire montre à vos enfants que vous appréciez l’opinion l’un de l’autre et que vous êtes déterminés à penser et agir de façon concertée.

3) Pratiquer une « affectueuse assurance » avec vos enfants

N’ayez ni la faiblesse d’un sentimental, ni la dureté d’un agressif. Prodiguez une affection constante et généreuse associée à une affirmation claire et nette de ce que vous considérez juste de votre point de vue. "Détestez le péché, aimez le pécheur", corrigez la faute, non la personne. Montrez à vos enfants que vous les aimez trop pour les laisser grandir avec des défauts non corrigés.

Soyez conscients que "non" est aussi un mot d’amour, et que "oui" peut être une échappatoire pour les lâches. Votre enfant doit expérimenter de temps en temps un amour qui refuse, sinon ils ne pourront jamais concevoir ou forger en eux l’oubli de soi-même. Quand ils deviennent adolescents ou jeunes adultes, les jeunes ne peuvent pas se dire "non" à eux-mêmes s’ils n’en ont pas compris le sens dans leur enfance. Le contrôle de soi commence en effet d’abord par l’extérieur et s’intériorise progressivement. Si le mot "non" est absent de leur vie, les enfants peuvent devenir esclaves de leurs appétits et leurs pulsions, ce qui peut conduire par la suite à des désastres.

En même temps, efforcez-vous de donner un contenu précis à vos félicitations autant qu’à vos reproches. Les parents ont tendance à être très précis dans leurs reproches, tandis qu’ils ne félicitent leurs enfants que rarement et de façon vague. Comme l’a dit un général américain, « tout le monde a besoin de recevoir une claque dans le dos de temps en temps, tantôt en haut tantôt en bas ». Pensez bien à faire les deux !

Donnez des ordres à vos enfants, mais ne les dirigez pas sans cesse. Ils ont besoin d’apprendre par leurs erreurs et doivent gagner en confiance en soi en mobilisant leurs forces face aux problèmes. De temps en temps ils ont besoin de vous entendre : « essaie encore… tu peux y arriver… ne laisse pas tomber… tu es plus fort que tu ne penses. » Les enfants qui sont guidés de cette façon dans leur jeune âge acquièrent le respect et la confiance dans le jugement de leurs parents, et ils se tourneront vers eux plus tard, même à l’adolescence, pour en recevoir une orientation, des encouragements, un avis.

4) Ne pas admettre ce que vous désapprouvez

La fermeté de votre jugement sur ce qui est bon ou mauvais servira de base au renforcement de la conscience de vos enfants. Vous pouvez parfois éprouver des doutes sur la rectitude d’une décision prise, mais vous ne devez pas douter de votre droit à prendre une décision en premier lieu – et qu’on s’y tienne. Si vos enfants vous voient régulièrement renoncer à ce que vous jugez bon, ils peuvent plus tard laisser leur conscience être envahie par les "états d’âme", les pressions de leurs pairs et les séductions du matérialisme. Il leur faut avoir le souvenir de vous avoir vu adhérer à une conviction fondée sur des principes, alors même que vous subissiez des pressions sentimentales pour y renoncer. Après tout la conscience veut que l’on que l’on fasse ce qui est bon même si cela implique un sacrifice.

Ne cédez pas face à leurs tentatives – entre 2 et 5 ans et plus tard entre 13 et 17 ans – d’être les "chefs". Si vous êtes clairement "le patron" quand ils sont petits, vous pourrez les guider au cours de leur adolescence, mais si vous capitulez dans leur jeunesse, vous risquez de les perdre à l’adolescence. Ils ne bénéficieront ni de votre contrôle ni de leur propre contrôle. Et il n’y a rien de plus angoissant pour un ado que d’avoir une portion de leur vie hors de tout contrôle.

Quand devez-vous punir sévèrement, au besoin de façon corporelle ? Fondamentalement dans trois circonstances : premièrement face à un manque de respect délibéré envers vous. Deuxièmement en cas de défi délibéré à l’égard de votre autorité légitime. Troisièmement, si leur parole d’honneur n’est pas tenue et qu’ils profèrent de sang-froid un mensonge délibéré. Tout ce que vous devez leur apprendre – absolument tout – dépend du degré d’enracinement en eux du respect envers vous et envers leur propre parole d’honneur. De graves défaillances dans ce domaine ne peuvent rester impunies.

5) Apprenez aux enfants les bonnes manières et la politesse envers tous

Cela veut dire leur apprendre à être attentifs de façon habituelle aux droits et aux sensibilités de tous, sans exception. Il faut travailler à l’édification en eux des quatre grands piliers caractéristiques d’un adulte civilisé : « s’il vous plaît », « merci », « pardon », « parole d’honneur ». Ce ne sont pas seulement de jolis agréments à vos propos ; ces mots reflètent les valeurs que porte en lui un adulte responsable, respectueux, maître de soi. Les attitudes qui sous-tendent la courtoisie conduisent à la chasteté dans l’adolescence et à un mariage chrétien solide et stable. Remarquez également le lien entre ces attitudes et la religion : une relation d’amour durable avec Dieu signifie que l’on ne cesse de répéter : « s’il vous plaît », « merci », « pardon », « je m’engage sur l’honneur ».

6) Ne permettez pas aux médias de rivaliser avec succès dans le cœur et l’esprit de vos enfants

Gardez la télévision sous votre contrôle sélectif. Votre maîtrise de ce puissant moyen de communication renforcera la perception par votre enfant de votre propre force. Adoptez cette règle dans votre maison : « ici nous n’aurons rien qui considère ou traite les êtres comme des choses, rien de ce qui touche à la pornographie, pas de violence gratuite, aucun manque de respect ou brutalité envers autrui ». Vous montrez à vos enfants que vous ne tolérerez dans votre maison aucune influence extérieure qui blesse votre conscience ou sape vos enseignements concernant le bien et le mal.

Avoir les médias sous contrôle permet d’enrichir la vie de famille. Vous trouverez plus de temps pour parler avec vos enfants, ce qui est essentiel pour façonner leur capacité de jugement. Il y aura plus de temps libre pour lire et faire ses devoirs avec soin, ce qui formera leurs critères de professionnalisme. Il y aura plus de solidarité familiale et la vie de famille pourra devenir une aventure sportive – et non pas, comme c’est souvent le cas, une expérience continue de sensations agréables destinées à tuer l’ennui.

7) Cultivez le sens de l’honneur personnel et familial

Mettez la vérité à la première place, avant tout et toujours. Il faut bien admettre que la plupart des enfants mentent spontanément pour se défendre ; mais ce qui est inadmissible, c’est le mensonge froid et délibéré pour échapper à sa responsabilité. Aussi, pour des sujets graves, adoptez une position de repli qui vous permette avec les enfants d’en faire une question d’honneur : « prends ton temps, réfléchis bien, et alors dis-moi la vérité sur ta parole d’honneur. Il y a une grande différence entre dire un mensonge et être un menteur ».

Le mot "intégrité" devrait s’entendre de temps en temps dans la vie de famille. Il signifie une unité entre les intentions, les paroles et les actes : nous pensons ce que nous disons, nous disons ce que nous pensons et nous tenons parole.

Apprenez également aux enfants à être attentifs à la façon dont ils représentent leur famille à l’extérieur, en bien ou en mal. Leur apprendre la politesse est une bonne façon de renforcer ce sentiment ; quand les enfants sont polis envers les personnes étrangères à la famille, ils font honneur à leurs parents. Dites-le leur et montrez-le leur : félicitez-les quand ils font montre de politesse habituellement ; montrez-leur que tout le monde dans la famille éprouve une saine fierté devant leur comportement et que, par contre, tout le monde est menacé de honte s’ils font quelque chose de franchement mal.

Parlez-leur beaucoup de leurs grands-parents et de leurs ancêtres, surtout s’ils ont dû lutter pour garder leur confiance en soi et leur foi dans des périodes difficiles. Après tout, nous sommes tous les descendants de réels héros. Donnez à vos enfants le sens d’appartenir à une longue lignée de personnes héroïques, hommes et femmes, qui ont fait une grande chose de leur vie en accomplissant leur devoirs d’amour envers le Seigneur, leur famille et leur prochain.

8) Finalement, rassemblez la vie de famille dans la prière

Que vos enfants voient que vous aussi, comme parents, êtes des enfants de Dieu. Nous le sommes tous, pendant toute notre vie. Apprenez-leur – par l’exemple, la pratique dirigée et l’encouragement – à aimer Dieu, à Le glorifier et Le révérer, à Lui demander son aide et son pardon. Conduisez-les à voir en Lui un ami, un consolateur, un Père tout-puissant, l’objet de notre dévotion aimante pendant toute notre vie.

C’est pourquoi vous ferez de la prière une partie intégrante et naturelle de la vie de famille. Priez avant les repas, au moment du coucher et plus particulièrement au moment des épreuves. Demandez aux enfants de prier pour vous. Les tout-petits ne peuvent pas apporter une grande contribution à la vie de famille, mais leurs prières sont toutes-puissantes ; montrez-leur combien vous appréciez leurs prières, ils s’en souviendront toute leur vie.

La confiance dans l’aide de Dieu vous renforcera dans vos devoirs de parents. Quand vous vous tournez vers Lui pour qu’Il vous aide à surmonter vos limites, vous pouvez compter sur le soutien de son amour, car Il ne laisse jamais sans réponse la prière de parents animés par l’amour.

Avec l’aide de Dieu et grâce à votre propre travail d’éducateurs dévoués et sacrifiés, vos enfants deviendront avec l’âge des hommes et des femmes vraiment bien. Au IIIème siècle avant J.C. le philosophe chinois Mencius disait : « une personne est grande quand elle ne perd jamais son cœur d’enfant ». C’est le but que nous nous proposons pour nos enfants afin qu’ils acquièrent en grandissant toutes les grandes vertus. Il leur faut être instruits, perfectionnés, résolus, pleinement compétents, ayant des idées claires et ne s’en laissant conter par personne. Mais en tant qu’adultes il leur faut aussi garder – comme vous – les grandes amours de leur enfance : envers Dieu, la famille, la vie, leur amitiés et leurs rires, et enfin un puissant amour pour la vérité.

Voici la "grandeur" que vous devriez rechercher pour vos enfants et attendre d’eux avec confiance : que, leur vie durant, ils possèdent la vigueur d’un adulte et le cœur d’un enfant. Qu’ils deviennent comme l’a dit Notre Seigneur « prudents comme des serpents, et innocents comme des colombes ».

Avec l’aide de Dieu vous verrez dans votre vie que vos enfants deviennent des hommes et des femmes vraiment bien et cette réalité sera votre récompense terrestre. Puissiez-vous tous contempler cette grandeur chez vos enfants et puisse votre vie de famille à tous être une grande aventure.

Documents joints