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Soirée aux Urgences

dimanche 10 mars 2013, par Silvestre Baudrillart

  • La grande soirée aux urgences,
  • On ne mesure pas sa chance !
  • On évite tous les navets,
  • Les feuilletons télévisés.
  • La vie, la vraie, est là-dedans,
  • On y savoure chaque instant.
  • Pour la sono, les ambulances,
  • Et les brancardiers mènent la danse.
  • Médecins et infirmières,
  • Ils sont à leur poste, mon frère !
  • Ici, c’est pas du virtuel,
  • On se coltine au réel.
  • Dans la grande salle d’attente,
  • L’infirmier joue la détente.
  • Soudain, le public sourit :
  • Nous sommes toujours à Paris.
  • Gavroche sur la barricade
  • Entonne sa dernière bravade :
  • « Qu’est-ce que vous attendez, là ?
  • Vous ne voulez pas un matelas ?
  • — Vous, jeune homme, c’est votre tour !
  • Venez donc nous dire bonjour !
  • Derrière la porte coulissante,
  • Ce sera la fin de votre attente.
  • — Venez, les privilégiés,
  • Attendre derrière la porte vitrée !
  • Y a encore un long couloir
  • Pour vous occuper, ce soir.
  • Au fond, y a des petites chambrettes
  • Minuscules et bien proprettes,
  • Vous pourrez voir votre maman,
  • Dans son lit, elle vous attend.
  • — Allez, on a fini les soins,
  • Vous inquiétez pas, elle va bien,
  • Demain, on la fera ressortir,
  • À la maison pourra revenir. »
  • « Bonjour Maman, comment ça va ?
  • Tu souris, tu vas mieux, c’est ça ?
  • — Ils m’ont piquée de tous les côtés,
  • Mais ça va ; je suis fatiguée.
  • — Ne t’inquiète pas, on va prier…
  • — Jean-Eudes, tu ne sors pas ton chapelet ? »
  • Allez, la vie a repris,
  • On peut aller finir la nuit.
  • Merci pour la super soirée,
  • Non, elle n’a pas été gâchée,
  • On l’a vécue à cent pour cent,
  • Pour la famille et pour Maman.

Silvestre, 6 janvier 2013

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